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jan 7, 2015 No Comments ›› Norm Attaryan

Immigration au Québec : primo non nocere

Dans son rapport de 1839, lord Durham analysait la crise qui faisait rage dans le Bas-Canada notamment à cause de la coexistence de Canadiens (ce qui était alors le terme consacré pour les francophones) et d’Anglais; celle-ci avait dégénéré en conflit ethnique. Sa solution: l’assimilation des Canadiens français (1840) sous l’égide d’une fédération “canadienne” qui minoriserait les Bas-Canadiens dans une administration “anglaise”. Dans la foulée, les trois arbitres désignés par le Privy Council de la reine Victoria auraient utilisé le surplus budgétaire du Bas-Canada (à peu près le Québec actuel) pour éponger le déficit du Haut-Canada.

Il va sans dire que les Québécois “l’ont de travers” depuis plus d’un siècle et demi.

La présence francophone en Amérique du nord est fragile. La majorité française qui prévalait à la Nouvelle-Orléans il y a un siècle n’est guère plus que du domaine folklorique aujourd’hui. C’est clairement ce qui guette le Québec à plus ou moins long terme.

Comme l’immigration est devenue la clé de la croissance démographique du Québec, il est impérieux que cette immigration soit d’expression française à son nouveau point d’arrivée. Il faut faire fi des “promesses d’apprendre la langue” qui se traduisent dans la réalité en un séjour forcé dans une usine à cours de français pour immigrants, suivi d’une vie dans une enclave allophone complétée par de l’anglais fonctionnel et du français approximatif.

Il y a un fossé entre l’idéalisme d’intégration harmonieuse des apôtres de l’égalitarisme et la réalité de la désintégration audible du français dans les cours d’écoles du Québec.

Si le Canada est vraiment le fait de “deux peuples fondateurs”, pourquoi persister à vouloir assimiler le plus fragile de ces deux peuples en le diluant à bras ouverts avec des gens qui ne parlent pas sa langue?

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