Accueil  »  Blogues et commentaires  »  Lien ferroviaire rapide Toronto Montréal : lier les deux métropoles
jan 7, 2015 No Comments ›› Norm Attaryan

Lien ferroviaire rapide Toronto Montréal : relier les deux métropoles

Plus de 400 000 véhicules par jour empruntent l’autoroute 401, reliant Toronto et Montréal. Des milliers d’autres passagers volent aussi entre ces deux villes tous les jours. On compte également une liaison ferroviaire basse vitesse bancale, pas très rapide, mais achalandée.

Les nombres respectifs de kilomètres parcourus par litre de carburant (transport d’individus) sont de 16,0 pour l’automobile, de 9,4 pour l’avion et de 31,3 km pour le train. Les coûts cumulatifs de la congestion urbaine, des gaz à effet de serre, des collisions automobiles (la première cause de décès avant 40 ans) et de l’énergie gaspillée sont inestimables. Un train de passagers équivaut à mille automobiles, en termes de capacité de transport!

Il y a par ailleurs plus d’échanges économiques entre l’Ontario et le Québec qu’il n’y en a entre n’importe quels deux états américains, plus qu’entre l’État de New-York et la Californie, par exemple. Montréal est devenue, qu’on le veuille ou non, une succursale économique de Toronto, qui a notamment cru grâce à l’afflux de Québécois aisés et éduqués qui recherchaient un univers fiscal et politique plus clément. Alors que quatre-vingt-douze pour cent des Canadiens* pensent qu’il faudrait investir davantage pour améliorer les trains de passagers, jamais la construction d’un lien ferroviaire haute vitesse entre ces deux villes n’a été plus nécessaire.

La technologie pour le développement des trains haute-vitesse est disponible à meilleur prix que jamais. Les ingénieurs canadiens ont construit ou supervisé l’implantation de trains rapides un peu partout dans le monde, en Chine, en Norvège, en Angleterre, en France, en Espagne, en Suisse, en Allemagne, en Suède et aux Pays-Bas, mais pas chez eux! Nos propres trains sont pourtant une source de dérision pour les touristes de passage et pour quiconque a pu comparer le trajet sur Via Rail Toronto-Montréal au TGV entre Paris et Bordeaux. Le service actuel de Via Rail est une honte nationale : les bestiaux ont même priorité de passage sur les humains sur les voies désignées.

Le train rapide construit par Bombardier est rapidement devenu le principal lien passager entre New York et Washington, avec 200 000 passagers par mois. Un tel service permettrait de relier Montréal à Toronto en deux heures, en tout confort.

Les gouvernements dépensent en ce moment dix cents pour le système ferroviaire, pour chaque cinq dollars qu’ils dépensent pour la construction et l’entretien des routes. C’est trop peu et c’est à la limite absurde.

Le Canada a été bâti sur le pari du chemin de fer. Un tel projet serait un second souffle pour l’économie canadienne et propulserait les économies de ses deux principales villes fondatrices, Montréal et Toronto. Les compagnies responsables du rail au Canada ont amplement prouvé leur incapacité à doter 10 millions de Canadien d’un service essentiel. Il faut les déloger.

Le gouvernement fédéral, celui de l’Ontario et celui du Québec, sous l’égide d’une Agence du transport citoyenne (ATC), doivent développer ensemble un train passager haute vitesse dans le corridor Montréal-Toronto (ou Windsor-Québec, si c’est rentable un jour), selon les meilleures prémisses économiques possibles, dans un contexte de partenariat public privé.

Tout ça devrait être moins difficile que d’envoyer un homme sur la lune.

Laisser un commentaire