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- Santé : donner aux Québécois le choix d’un opting out personnel en matière de soins

Santé : donner aux Québécois le choix d’un opting out personnel
À la différence de nombreux pays développés, le Canada n’a pas beaucoup de « gros » problèmes. Un de ceux-ci, c’est l’organisation et non pas la qualité de nos services de santé, les trentièmes au monde selon l’Organisation mondiale de la santé (rapport datant de 2000).
Il y a par ailleurs deux sortes de Québécois : ceux qui pensent qu’ils ont le meilleur système de santé au monde et ceux qui ont eu la chance de se faire soigner ailleurs et de comparer.
Notre société dépenserait davantage pour des citoyens qui vont mourir dans un mois que pour tout son système d’enseignement supérieur. Pourtant, combien d’entre nous ne troqueraient pas volontiers leur mois de survie forcée contre les frais scolaires de dix étudiants universitaires? N’est-ce pas là un « symptôme » de société mourante?
Selon la Loi Canadienne sur la Santé Publique votée unanimement par toutes les provinces, les principes qui doivent régir l’accès aux soins de Santé au Canada sont : l’universalité, l’intégralité, l’accessibilité, la transférabilité et la gestion publique. La mise en œuvre de la Santé est de responsabilité provinciale, mais le fédéral peut intervenir si besoin il y a (jugement Chaoulli).
Les problèmes du système de santé québécois sont principalement rattachés à la croissance exponentielle de ses coûts et à la congestion de l’accès au guichet d’entrée des soins.
Les facteurs intrinsèques de ce casse-tête a priori insoluble sont multiples: vieillissement de la population, syndicalisation du corps médical et paramédical, honoraires élevés des magnats de la spécialisation médicale, prix captif des appareils de diagnostics, inflation organisée du coût des médicaments, bureaucratisation des services, etc.
Avec une dépense per capita semblable aux pays scandinaves, le Québec dépense le double …en salaires de médecin seulement, qui constituent ainsi la principale dépense du système de santé (6,6 milliards $ en 2014). On ne vénère plus les curés et on ne finance plus leurs églises, mais on paye bien ceux qui prêchent la santé et on finance bien leurs temples, les hôpitaux, qui sont devenus les « mouroirs » des baby-boomers..
Ce qui semble clair, c’est que le système de santé est malade.
La spirale d’accroissement des coûts et de la détérioration de la qualité des soins ne s’estompera qu’avec l’attrition des ressources de l’État. Malheureusement, l’état québécois/canadien est riche et le gaspillage risque de se poursuivre longtemps.
C’est devenu un gouffre financier sous le couvert d’une gratuité virtuelle.
Pour en sortir, il faudra être imaginatif et utiliser le pouvoir du gouvernement fédéral pour permettre davantage de libre choix, voire un opting out, par exemple pour les patients québécois qui choisissent de se faire soigner ailleurs au Canada ou à l’étranger (par exemple à Cuba ou en France). On pourrait concéder au patient un rabais fiscal ou une somme forfaitaire qui ferait économiser l’État tout en procurant le traitement voulu dans des délais soutenables.
Les solutions prendront bien du temps à se mettre en place et dérangeront bien des privilèges acquis qui seront défendus bec et ongles sur l’autel de l’intérêt public par ceux mêmes qui en profitent.
Chose claire, un peu de « libre-concurrence » dans tout ça améliorerait les choses.